Paul-Louis Courier

Cronista, panflettista, polemista
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prec Sans mention de Tivoli le 13 mai 1810 [Sans mention] A la comtesse de Salm-Dyck de Tivoli le 20 juin 1810 Suiv

Tivoli, 3 mai 1810[1].

Madame,

N Caroline von Humboldt Caroline von Humboldt, née Carolina Friederica von Dacheröden (1766 - 1829)
 
e sachant si j’aurai l’honneur de vous voir avant votre départ, je vous supplie de vouloir bien emporter à Vienne un petit volume qui vous sera remis avec ma lettre. C’est une vieille traduction d’un vieil auteur en vieux français, que j’ai complétée de quelques pages et réimprimée, non pour le public, mais pour mes amis amateurs de ces éruditions, et sans balancer j’en ai destiné le premier exemplaire à M. d’Humboldt. J’ai cacheté le paquet, cet ouvrage n’étant pas de nature à être lu de tout le monde. Il n’y a rien contre l’État, pas le moindre mot que l’Église puisse taxer d’hérésie ; mais une mère pourrait n’être pas bien aise que ce livre tombât dans les mains de sa fille, quoique l’auteur grec, dans sa préface, déclare avoir eu le dessein d’instruire les jeunes demoiselles, apparemment pour épargner cette peine aux maris.
Ne remarquez-vous point, Madame, comme je vous poursuis sans pouvoir vous atteindre ? Je pensais vous trouver à Rome ; mais, en y arrivant, j’apprends que vous êtes partie pour Naples, et quand je vais à Naples, vous revenez à Rome, d’où vous repartirez sans doute la veille de mon retour. Ce guignon-là, j’espère, ne me durera pas toujours, et si vous me fuyez ici, je vous joindrai peut-être quelque jour à Berlin. Car dans mes rêves de voyages je veux aller partout, mais là surtout où je puis espérer de vous voir, Madame, et de voir une famille comme la vôtre.


[1] Sautelet donne la date du 16 mai et précise « A Mme de Humboldt ».  Note1

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